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Parlons albums : Je t’attends

Je t'attends Corine Dreyfuss, Thierry Magnier
Je t’attends
Corinne Dreyfuss
Thierry Magnier, 2021

Comme l’annonce la quatrième de couverture : “Après Caché ! le premier roman des bébés, et Bébé béaba, le tout premier dico, Corinne Dreyfuss offre ici un thriller haletant pour les tout-petits.”

Dès l’ouverture de la première double page, on est plongé dans le récit, interpellé, pris à témoin : “Regarde…”, nous dit-on.  Sur une pleine double page noire, où seul le texte, grisé, apparaît, notre image se reflète grâce au vernis. De lecteur, on se sent devenir acteur.

Puis, on tourne la page et Léopold, tout sourire, bouille ronde, joues roses, cheveux bruns bouclés et yeux noirs, fait son apparition sur la belle page, celle de droite que l’on voit en premier.  Sur la page qui lui fait face, un bout de robe rouge s’en va, sort du champ, disparaît.

C’est sûrement sa maman.

Léopold attend.

Le chiffre 1, comme une pagination, écrit en bas à droite, fait son apparition… On comprendra que c’est Léopold qui compte pour attendre le retour de sa maman, ce qui ne fait qu’accentuer la tension.

De nouveau, une double page noire avec le texte nous interroge, comme le ferait un enfant qui connaîtrait Léopold.

Les points de vue alternent de double page en double page. Sur celles avec le texte grisé sur fond noir : il s’agirait d’une voix off, d’un point de vue d’observateur, des lecteurs, de nous.

Je t'attends Corinne Dreyfuss

Sur celles avec Léopold, c’est lui qui compte et exprime l’inquiétude, l’angoisse qu’il ressent monter à la suite du départ de sa maman.  On voit des silhouettes qui passent derrière lui. Les pages s’assombrissent, les silhouettes aussi.

Une tension semblable à celle qu’on ressent en lisant Bébés chouettes se fait sentir, monte crescendo. Léopold s’inquiète. La peur s’installe.

Les questions de la voix off se font pressantes, pesantes.

Le procédé utilisé fait son effet.

D’ailleurs Corinne Dreyfuss dit, au sujet de ce livre : “C’est un suspense qui dure peu de temps, mais qui paraît terriblement long. Personne ne s’échappe avant le dénouement.”

Le visage de Léopold affiche de plus en plus d’inquiétude, paraît perdu au milieu de la foule. Puis, on zoome sur la peur qui le gagne. Ses traits s’attristent.

Et si sa mère s’était perdue. 9…10.

Les larmes montent, se mettent à couler…

Même la typographie s’en mêle et se met au diapason des émotions de Léopold.

Les lettres se font de plus en plus mouvantes, allant presque jusqu’à couler avec les larmes. Recouvertes d’un vernis, elles brillent, tout comme les chiffres qui défilent et changent de place de 1 à 10, jusqu’à ce que… La robe rouge apparaisse à nouveau et que Léopold, enfin, s’écrie :

 “Maman !”.

Une magnifique mise en scène qui ne manquera pas de faire écho à des moments vécus par chacun, petits et grands.

Pour aller plus loin, vous pouvez lire notre rencontre avec l’autrice ici.

Stéphane Boulanger, Lecteur-Formateur

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